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mercredi 2 mars 2011


La société Générale a enregistré un bénéfice de 3,9 milliards d'euros en 2010.


Daniel Bouton, l'ancien Président de la Société Générale chapitre Frédéric Oudéa son successeur.









(1) Sur Belkine.fr : L'arbre et la forêt.
(2) Les banques les plus cheres.
Lecteur, merci de tes commentaires sur cette saynète. Peut-être t'y reconnais tu?


Par Pierre et Quentin.

mardi 12 octobre 2010

Réponse à Jean Matouk sur l'euro

Je n'ai pas assisté à l'émission de télévision, mais je souhaite réagir aux propos de Jean Matouk. Ce dernier a signé sur Rue89, une réponse aux propos de Nicolas Dupont-Aignan sur l’euro. Il semble oublier certains fondamentaux socio-économiques que je me propose de rappeler ici.    

L’argument le plus sérieux de l’article est le suivant : « si nous étions l’Allemagne, nous serions l’Allemagne ». Si nous avions la discipline monétaire, salariale, syndicale de ce pays, nous serions effectivement comme l’Allemagne.  La discipline de ce pays n’a pas toujours existé dans l’esprit de ce pays et n’a pas toujours existé dans l’esprit des Allemands. L’hyperinflation de l’Allemagne entre les deux guerre a dissous le lien social, favorisé l’avènement de Hitler et conduit au désastre allemand de la seconde guerre mondiale. Même si on est économiste, il ne faut pas oublier l’histoire d’un pays qui conditionne souvent profondément le social et l’individuel.
Jean Matouk ne donne d’ailleurs aucune réponse autre que l’exemple de l’Allemagne à cette interrogation : la montée de l’euro handicape-t’elle ou non les exportations de la France ?

L’euro simplifie les échanges entre les pays de la zone, mais les marchés à termes de devise sont là pour garantir à une entreprise le montant exact, en monnaie nationale, qu’elle recevra de ses exportations.

L’auteur oubli que de 1945 aux années 70, avec une monnaie vacillante, voir parfois fondante, la France était à la tête du peloton de tête des pays en termes de performances économiques.  Au fur et à mesure que sa monnaie s’est raffermie, son économie s’est affaiblie. Jean Matouk confond la valeur d’une monnaie, sa stabilité avec le dynamisme qu’elle impulse à l’économie. Il devrait méditer l’exemple, du yen japonais hier, du yuan chinois aujourd’hui.

Une communauté de destin avec l’Allemagne? Peut-être. Cela n’implique pas d’avoir exactement la mentalité Allemande, la pratique économique Allemande. Milton Friedman a montré en son temps, que loin de la conforter, une monnaie commune pouvait être destructrice d’une union économique et politique.
Relire les classiques de l’économie est certainement préférable à prendre des leçons chez Madame Guigou, estimable ministre par ailleurs.

Enfin, consommer plus que l’on ne produit, les Etats-Unis le font depuis un demi-siècle. Méfions nous des idées simples et des adages simplistes.


Belkine 

mercredi 6 octobre 2010

Affaire Kerviel (suite)



Le jugement de Jerôme Kerviel qui vient de tomber et qui exonère complètement la société générale, redonne toute son actualité aux propos que nous tenions dans le cours de cette affaire, et que vous retrouverez ici (l'arbre et la forêt).



Belkine 

lundi 20 septembre 2010

Mourir Guéri !

Les lecteurs de Belkine ne seront pas surpris de lire ce qu’il pense des mesures de Bâle III, autrement dit du renforcement des fonds propres des banques par rapport à l’encours des dettes.

Le ratio sera balayé en cas de séisme économique, en revanche, en période de fonctionnement économique courant, il va tendre vers une restriction des crédits à l’économie. La mesure est néfaste aux économies européennes. Le seul bémol que l’on pourrait y trouver est qu’elle ne s’appliquera qu’à terme d’au moins deux ans. Un deuxième bémol cynique serait de remarquer que le ministre allemand de l’économie souhaite que les banques des États-Unis se rallie rapidement à l’accord de Bâle III, c’est-à-dire qu’il souhaite exporter ce « choléra » financier.
À suivre les banquiers centraux du comité de Bâle, les banques ne pourraient plus ne prêter demain que leur fonds propre, elles ne seraient plus que des établissements financiers.


L’enseignement de Schumpeter, qui faisait du banquier un des acteurs clés du dynamisme capitalisme, est oublié. Le comité de Bâle confond pseudo sécurité financière -par la mise en place de ratio inopérant en cas de crise- et surveillance nécessaire des fonctionnements bancaires. 


Il est vrai que l’expérience du crédit lyonnais en France hier, et celles plus récentes de la crise des subprimes et du trader - fou ou génial ? - ou simplement laissé libre pour générer du profit, laissent penser que la surveillance est peut-être impossible. 
Ce n’est pas une raison pour étrangler un peu plus l’économie.



Belkine 


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dimanche 25 juillet 2010

L’Europe et la Chine pratiquant du Yin&Yang économique

Les banques de L’Union Européenne ont dans l’ensemble réussi les tests de résistances à une crise économique et financière simulée. La promotion de cette réussite par les médias explique : « les résultats en étaient attendus par les investisseurs du monde entier ».

Encore une fois, l’Union Européenne, les experts, les médias, confondent solidité de la monnaie, des établissements bancaires et du dynamisme de l’économie.

Aujourd’hui, l’Inde affiche un pourcentage de croissance économique de près de deux chiffres alors que son taux d’inflation s’oriente vers 20%. À écouter nos experts nationaux et européens, un tel taux d’inflation devrait faire fuir les investisseurs étrangers, ils ne fuient pas bien au contraire, ils font confiance non pas à la roupie indienne ou aux établissements financiers du pays mais à l’économie Indienne véritable.

S’il y a une crise en Europe, c’est d’abord celle de la pensée sur la politique économique, au demeurant que valent les critères annoncés en situation de crise sérieuse, le nominal des dettes restera inchangé alors que la valeur des actifs s’effondrera.

L’UE continue à essayer de rassurer les « marchés » et à apprécier les effets d’une crise avec des critères de simple évolution alors qu’une crise véritable serait un cataclysme qui bouleverserait tous les repères.

Il y a plus, les types de critères mis en jeu, rapport des fonds possédés en propre par la banque sur le total de ses dettes sont d’un usage pernicieux car, en cas de crise, les actifs correspondant aux fonds propres vont perdre de leur valeur alors que les dettes resteront à leur nominal. La banque passera sous le rapport de solvabilité exigé pour le retrouver, elle devra diminuer ses dettes, c’est-à-dire refuser des crédits et voici qu’une spirale déflationniste est mise en place.

La façon de s’en sortir pour l’Europe est de recourir aux finances publiques des Etats ou de l’Union Européenne, c’est-à-dire qu’au moment où le communisme chinois découvre des vertus au capitalisme, les libéraux européens se vouent de plus en plus à l’interventionnisme public.

Belkine

jeudi 24 juin 2010

L'arbre et la forêt.

Revenons rapidement sur l’affaire Jerôme Kerviel. A l’issue du témoignage, Daniel Bouton, l’ex-Président de la Société Générale, a affirmé que Kerviel était un « génie » et un « débile ». Il faut se méfier de l’utilisation de tels mots dans les prétoires, qui permettent d’éviter de donner des descriptions claires et des explications logiques aux comportements de ceux que l'on accuse.

La presse rapporte : « Au terme de trois semaines de procès, les procureurs Jean-Michel Aldebert et Philippe Bourion ont rejeté la thèse d'une complicité passive de la hiérarchie et demandé un jugement susceptible de rétablir la confiance du public dans les banques. »
À suivre ce raisonnement la confiance serait rétablie. Cette phrase nous explique au contraire, qu’un simple trader peut faire sur la longue durée des profits tout a fait anormaux et prendre une position gigantesque de 50 milliards d’euros sans que la hiérarchie n'en soit informée, ni même ne le soupçonne.

Comment le public pourrait-il continuer à faire confiance à une telle banque, dont la hiérarchie est aussi aveugle, et le système de sécurité aussi perméable ?
À supposer que les propos du procureur général soient exacts, ils ne rétabliraient en rien la confiance du public dans la banque.

Belkine

dimanche 16 mai 2010

Ont-ils lu Belkine?

Belkine est heureux et, sans fausse modestie, un peu fier, de vous signaler qu’il avait indiqué sur son blog les fondamentaux socio-économiques très différent de la France et de l’Allemagne et d’une façon plus générale entre les pays du nord de l’Europe et les pays du sud, et que c’est là que résidait le point faible de l’euro qui pour le moment ne paraît pas pouvoir être dépassé.
Sans doute les « grands papes » de l’animation des débats médiatiques ont-ils lu Belkine parce que, depuis ce moment, il n’y a pas de jour où ils n’appellent à leur tribune quelqu'un qui soutient aussi cette thèse. Il existait donc des gens qui pensaient ainsi, mais ils n’avaient pas voix au micro, aux débats, à la télévision . Aujourd’hui ils peuvent avancer leurs arguments qui le plus souvent ne sont pas, tout bien considéré, anti-européen.



Belkine

vendredi 7 mai 2010

Nécessité de découpler la force de la monnaie et la force de l’économie réelle.

La très grande majorité des commentateurs européens considère comme un début de catastrophe le fait que l’euro se soit déprécié par rapport au dollar. Regardons-y de plus près.

L’euro qui valait 1$45 en début d’année ne vaut plus que 1$28 aujourd’hui. Un américain pourra avec 1$28 aujourd’hui acheter une marchandise européenne valant un euro, il ne le pouvait pas en début d’année. Un Européen ne pourra plus acheter comme il le faisait en début d’année une marchandise américaine valant 1$45. Le commerce extérieur de l’Europe ne peut que s’en trouver raffermit et, de ce point de vue, la perte de valeur de l’euro par rapport au dollar est tout à fait bénéfique.
Certaines considérations peuvent toutefois tempérer ce premier constat, par exemple la considération que les entreprises européennes sont plus faciles à acheter pour les fonds de pension américain. Cette considération ne paraît toutefois pas de nature à emporter la conviction tant il apparaît que l’euro est depuis longtemps surévaluer par rapport au dollar.

Les inquiétudes quant à la baisse de l’euro peuvent s’expliquer de trois façons :

-Une ignorance du mécanisme fondamental des échanges internationaux
-Voir la spéculation internationale attaquer l’euro, monnaie extrêmement forte, non pas seulement des pays comme l’Allemagne qui pour des raisons historiques ont une tradition socio-économique de monnaie forte. Mais aussi monnaie de pays qui comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, voir la France sont des pays de monnaies faciles ou la chute du cours de la monnaie était souvent la solution donnée à des contradictions internes, sociales ou économiques. La chute de la monnaie n’étant plus possible quand leur monnaie est devenue l’euro, les contradictions doivent trouver les solutions ailleurs et par exemple, dans le cas de la Grèce, dans un déficit des finances publiques incontrôlé. La crainte est alors que la spéculation n’attaque une construction monétaire plaquée sur des types de fonctionnement sociaux et économiques extrêmement différents.
-Qu’une pratique continue de monnaie fondante et facile n’entraîne une dissolution des liens sociaux comme dans l’Allemagne de l’après 1ere guerre mondiale ou certains observateurs voient dans l’hyper-inflation un des éléments qui ont permis l’avènement du nazisme.

La réflexion sur l’euro doit prendre en considération ces éléments sous peine de voir se creuser le fossé entre une construction monétaire rigide et sans articulations et la réalité économique très contrastée des pays qui composent l’Europe monétaire d’aujourd’hui.
Plus précisément l’affaiblissement de la valeur de l’euro dans une situation de crise est de risque de spéculation, est un facteur qui permet de mieux résister à cette spéculation et à cette crise.


Belkine

vendredi 26 mars 2010

Comprendre la crise économique

1)L’intrication de la banque et de la finance
2)La crise actuelle : de l’économie réelle vers l’économie financière
3)Les risques d’approfondissement de la crise.
4)L’actualité de Keynes

Après le recul de l’économie de 2 001, le système bancaire américain était surtout préoccupé de favoriser l’activité avec des taux d’intérêt relativement faibles et des liquidités relativement abondantes.

dimanche 28 février 2010

Kadhafi et Jihad / l'économie gouverne t'elle seule les relations internationales?

La Suisse a voté par une large majorité au mois de novembre dernier l’interdiction de construction de minarets sur son territoire.


Chacun peut se faire une opinion sur ce vote et trouver que ce n’est pas de bonne démocratie d’interdire la construction d’édifices destinés à une religion reconnue. Il n’empêche que tous les moyens ne sont pas bons pour chercher à changer cette décision.
En particulier l’appel au « Jihad » lancé par le Colonel Président Kadhafi contre la Suisse et approuvant contre elle l’utilisation du terrorisme est à condamner résolument.

Alors même que les services secrets du Colonel Président apparaissent bien être les acteurs directs de l’attentat contre un avion de la compagnie française UTA transportant 154 personnes et ayant bien évidemment provoqué la mort de ces derniers :

-Que penser de la venue du colonel Kadhafi reçu avec tous les honneurs en France par le Président Sarkozy ?
-Que penser aussi de la déclaration du député Lefebvre au sortir de la réception de Kadhafi à l’Assemblée « Il a dit qu’il avait tourné la page de la lutte armée pour se tourner vers le dialogue» ?
-Enfin, que penser de la présentation faite par les medias du Colonel Président qui ne semblait plus qu'être un président un peu original surtout soucieux de l’avenir et de la sécurité de son peuple.

Il faut s’interroger sur la complaisance des pays occidentaux envers une telle personnalité qui n’hésite pas à appeler au jihad et au terrorisme « le jihad contre la suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère n’est pas du terrorisme » dans le contexte explosif actuel, alors même que son pays n’est engagé dans aucun conflit armé, ni menacé par qui que ce soit, et que tout au plus la famille du Président Kadhafi semble avoir eu des démêlés avec la justice suisse.

L’économie a ses contraintes. Mais l’économie ne rend pas compte de toutes les conduites humaines, il est possible de s’en apercevoir en regardant de près les origines et les parcours des terroristes connus qui sont rarement issus des couches les plus défavorisées d’une population donnée, mais très souvent de ses élites économiques ou intellectuelles.

Belkine

samedi 30 janvier 2010

Industrie française et Union Européenne.


La commission européenne a exigé des explications de l’état français sur les pressions qu’il aurait exercé pour éviter la délocalisation en Turquie d’une nouvelle partie de la production Renault.
La première remarque est que la délocalisation, même hors de l’UE, ne pose aucun problème à la commission européenne qui ne s’inquiète pas de savoir si la Turquie ne bénéficierait pas ainsi de tout le savoir faire accumulé par une entreprise, française et européenne, depuis des années.

La deuxième remarque est que la défense de l’industrie française est de plus en plus difficile. Elle est soumise à un dumping social permanent de la part des pays à bas salaires, dumping aggravé par des taux de changes durablement surévalués. Les protections, quant à elles, sont d’autant plus faibles qu’elles doivent faire l’objet d’un consensus interne a l’UE et d’une approbation par des instances internationales.

Belkine