jeudi 4 novembre 2010

Pénurie d'essence



Par Pierre et Quentin

mardi 12 octobre 2010

Réponse à Jean Matouk sur l'euro

Je n'ai pas assisté à l'émission de télévision, mais je souhaite réagir aux propos de Jean Matouk. Ce dernier a signé sur Rue89, une réponse aux propos de Nicolas Dupont-Aignan sur l’euro. Il semble oublier certains fondamentaux socio-économiques que je me propose de rappeler ici.    

L’argument le plus sérieux de l’article est le suivant : « si nous étions l’Allemagne, nous serions l’Allemagne ». Si nous avions la discipline monétaire, salariale, syndicale de ce pays, nous serions effectivement comme l’Allemagne.  La discipline de ce pays n’a pas toujours existé dans l’esprit de ce pays et n’a pas toujours existé dans l’esprit des Allemands. L’hyperinflation de l’Allemagne entre les deux guerre a dissous le lien social, favorisé l’avènement de Hitler et conduit au désastre allemand de la seconde guerre mondiale. Même si on est économiste, il ne faut pas oublier l’histoire d’un pays qui conditionne souvent profondément le social et l’individuel.
Jean Matouk ne donne d’ailleurs aucune réponse autre que l’exemple de l’Allemagne à cette interrogation : la montée de l’euro handicape-t’elle ou non les exportations de la France ?

L’euro simplifie les échanges entre les pays de la zone, mais les marchés à termes de devise sont là pour garantir à une entreprise le montant exact, en monnaie nationale, qu’elle recevra de ses exportations.

L’auteur oubli que de 1945 aux années 70, avec une monnaie vacillante, voir parfois fondante, la France était à la tête du peloton de tête des pays en termes de performances économiques.  Au fur et à mesure que sa monnaie s’est raffermie, son économie s’est affaiblie. Jean Matouk confond la valeur d’une monnaie, sa stabilité avec le dynamisme qu’elle impulse à l’économie. Il devrait méditer l’exemple, du yen japonais hier, du yuan chinois aujourd’hui.

Une communauté de destin avec l’Allemagne? Peut-être. Cela n’implique pas d’avoir exactement la mentalité Allemande, la pratique économique Allemande. Milton Friedman a montré en son temps, que loin de la conforter, une monnaie commune pouvait être destructrice d’une union économique et politique.
Relire les classiques de l’économie est certainement préférable à prendre des leçons chez Madame Guigou, estimable ministre par ailleurs.

Enfin, consommer plus que l’on ne produit, les Etats-Unis le font depuis un demi-siècle. Méfions nous des idées simples et des adages simplistes.


Belkine 

mercredi 6 octobre 2010

Affaire Kerviel (suite)



Le jugement de Jerôme Kerviel qui vient de tomber et qui exonère complètement la société générale, redonne toute son actualité aux propos que nous tenions dans le cours de cette affaire, et que vous retrouverez ici (l'arbre et la forêt).



Belkine 

Les Bourgeois de l'Elysée


Ce mois-ci, nous nous risquons à une comparaison osée entre la présidence de François Mitterrand et celle de Nicolas Sarkozy. 
Les protagonistes sont : 
Gilles Ménages, directeur de cabinet de Mitterrand à l'Elysée,
Alfred Sirven, éminence grise du patron d'ELF-Aquitaine,
Andrew Wang, Agent de Thomson en charge des (rétro)commissions,
François Mitterrand, Président de la République,
Brice Hortefeux, Ministre de l'Intérieur,
Éric Woerth, Ministre du travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, et son épouse Florence,
Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune,
Eric Besson, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire,
et, 
fait rarissime : l'Assemblée Nationale presque au complet!






Nos jeunes lecteurs peuvent consulter cette page sur les écoutes téléphoniques de l'Elysée et celle-ci sur l'affaire des frégates. Nos lecteurs auront des renseignements sur la taupe au ministère de la Justice et l'affaire Woerth dans toutes les rubriques de l'actualité!

Par Pierre & Quentin. 

lundi 20 septembre 2010

Mourir Guéri !

Les lecteurs de Belkine ne seront pas surpris de lire ce qu’il pense des mesures de Bâle III, autrement dit du renforcement des fonds propres des banques par rapport à l’encours des dettes.

Le ratio sera balayé en cas de séisme économique, en revanche, en période de fonctionnement économique courant, il va tendre vers une restriction des crédits à l’économie. La mesure est néfaste aux économies européennes. Le seul bémol que l’on pourrait y trouver est qu’elle ne s’appliquera qu’à terme d’au moins deux ans. Un deuxième bémol cynique serait de remarquer que le ministre allemand de l’économie souhaite que les banques des États-Unis se rallie rapidement à l’accord de Bâle III, c’est-à-dire qu’il souhaite exporter ce « choléra » financier.
À suivre les banquiers centraux du comité de Bâle, les banques ne pourraient plus ne prêter demain que leur fonds propre, elles ne seraient plus que des établissements financiers.


L’enseignement de Schumpeter, qui faisait du banquier un des acteurs clés du dynamisme capitalisme, est oublié. Le comité de Bâle confond pseudo sécurité financière -par la mise en place de ratio inopérant en cas de crise- et surveillance nécessaire des fonctionnements bancaires. 


Il est vrai que l’expérience du crédit lyonnais en France hier, et celles plus récentes de la crise des subprimes et du trader - fou ou génial ? - ou simplement laissé libre pour générer du profit, laissent penser que la surveillance est peut-être impossible. 
Ce n’est pas une raison pour étrangler un peu plus l’économie.



Belkine 


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mercredi 1 septembre 2010

Securite Routiere : Une politique irrprochable.

La politique de la sécurité routière aujourd'hui illustré par :
-Dominique Bussereau, Secrétaire d'État aux Transports,
et
-Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière au ministère des Transports et déléguée à la Sécurité et à la Circulation routières au ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement
durable et de l’Aménagement du territoire. 






Nous pensons que la sécurité routière et la prevention routière sont des choses serieuses qui doivent justement être traités avec sérieux, et non pas avec des a priori rudimentaires.

Par Pierre et Quentin.

mercredi 4 août 2010

J-C Trichet is not a french man

La crise vous inquiète? Vous avez tort! Jean Claude Trichet, le Président de la Banque Centrale Européenne s'occupe de nous.







"I am not a french man" : citation exacte d’intronisation de Trichet à la BCE qui lui a valu le prix de la carpette anglaise.

Par Pierre et Quentin.

dimanche 25 juillet 2010

L’Europe et la Chine pratiquant du Yin&Yang économique

Les banques de L’Union Européenne ont dans l’ensemble réussi les tests de résistances à une crise économique et financière simulée. La promotion de cette réussite par les médias explique : « les résultats en étaient attendus par les investisseurs du monde entier ».

Encore une fois, l’Union Européenne, les experts, les médias, confondent solidité de la monnaie, des établissements bancaires et du dynamisme de l’économie.

Aujourd’hui, l’Inde affiche un pourcentage de croissance économique de près de deux chiffres alors que son taux d’inflation s’oriente vers 20%. À écouter nos experts nationaux et européens, un tel taux d’inflation devrait faire fuir les investisseurs étrangers, ils ne fuient pas bien au contraire, ils font confiance non pas à la roupie indienne ou aux établissements financiers du pays mais à l’économie Indienne véritable.

S’il y a une crise en Europe, c’est d’abord celle de la pensée sur la politique économique, au demeurant que valent les critères annoncés en situation de crise sérieuse, le nominal des dettes restera inchangé alors que la valeur des actifs s’effondrera.

L’UE continue à essayer de rassurer les « marchés » et à apprécier les effets d’une crise avec des critères de simple évolution alors qu’une crise véritable serait un cataclysme qui bouleverserait tous les repères.

Il y a plus, les types de critères mis en jeu, rapport des fonds possédés en propre par la banque sur le total de ses dettes sont d’un usage pernicieux car, en cas de crise, les actifs correspondant aux fonds propres vont perdre de leur valeur alors que les dettes resteront à leur nominal. La banque passera sous le rapport de solvabilité exigé pour le retrouver, elle devra diminuer ses dettes, c’est-à-dire refuser des crédits et voici qu’une spirale déflationniste est mise en place.

La façon de s’en sortir pour l’Europe est de recourir aux finances publiques des Etats ou de l’Union Européenne, c’est-à-dire qu’au moment où le communisme chinois découvre des vertus au capitalisme, les libéraux européens se vouent de plus en plus à l’interventionnisme public.

Belkine

vendredi 23 juillet 2010

Une responsabilité collective, un seul coupable.

Aujourd’hui c’est le temps des vacances, et Belkine a voulu se délasser, et il espère vous délasser en abordant un sujet « léger » mais qui peut aussi donner à réflexion.

Enfin ! Le nouveau Président par intérim a parlé avec un inimitable style de « culotte de peau » et de contentement de soi, qui succède à la bonhomie lénifiante d’Escalettes. Quel contraste ! 



Belkine a cru comprendre des propos embrouillés de Fernand Duchaussoy, que la responsabilité des joueurs grévistes était collective, même si certains joueurs apparaissaient plus collectifs que d’autres. Fouchtri-fouchtra !

La sanction fait frémir : suspension d’un match amical auquel  les 23 joueurs, usés physiquement et encore plus psychologiquement par la coupe du monde, ne souhaitaient dans l’ensemble pas participer. Cette sanction de complaisance ne contribuera pas à établir l’autorité du nouveau sélectionneur, ni à crédibiliser un conseil fédéral qui a oublié toutes ses responsabilités dans cette affaire :
-d’avoir nommé un entraîneur incompétent et abrupt
-de l’avoir confirmer après les premiers doutes
-d’avoir annoncé avant la coupe du monde le nom de son successeur prestigieux, ruinant le peu d’autorité que Raymond Domenech pouvait conserver.

La sanction qui pourrait toucher Raymond Domenech risque, elle, de ne pas être anodine, le Président semble attendre sa démission, ce n’est pas dans le caractère de Raymond Domenech que l’on aurait pour une fois presque envie de plaindre.

Le président a aussi eu un discours de moral pour les deux mis en examen : Karim Benzema et Franck Ribéry, oubliant que la mise en examen avait été annoncée comme devant éviter aux anciens « inculpés » de passer pour coupable avant même la décision de l’autorité judiciaire.

Il faudra que le sélectionneur soit bien talentueux, les joueurs français performants pour sortir l’équipe de France du marasme où elle est, sur fond de moral affiché et de millions d’euros encaissés.


Belkine 


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lundi 12 juillet 2010

Tout le monde dans sa bulle


Les mésaventures de l’EDF pourraient nous faire réfléchir plus avant. 

Voilà des joueuses vedettes internationales, en contact quasi-permanent avec les médias, avec chacun des conseillers en communication. Pourtant leur perception de l’aventure (des mésaventures de l’EDF) était totalement disjointe de celle du public français et des publics mondiaux. Ce sont les emails de leurs familles qui les ont ramenés à une plus juste appréciation de l’état de l’opinion publique française et mondiale.
Il y a manifestement aussi une bulle présidentielle, à l’intérieur de laquelle il ne semble pas possible  de ressentir intuitivement que cumuler une fonction de ministre de budget, de trésorier du parti majoritaire, avec une épouse conseillère de la plus grande fortune de France, peut être un objet de scandale pour l’opinion publique.

Lecteur, aide nous, aide Belkine, indique-nous quelle serait la bulle des caciques socialistes ?

jeudi 24 juin 2010

L'arbre et la forêt.

Revenons rapidement sur l’affaire Jerôme Kerviel. A l’issue du témoignage, Daniel Bouton, l’ex-Président de la Société Générale, a affirmé que Kerviel était un « génie » et un « débile ». Il faut se méfier de l’utilisation de tels mots dans les prétoires, qui permettent d’éviter de donner des descriptions claires et des explications logiques aux comportements de ceux que l'on accuse.

La presse rapporte : « Au terme de trois semaines de procès, les procureurs Jean-Michel Aldebert et Philippe Bourion ont rejeté la thèse d'une complicité passive de la hiérarchie et demandé un jugement susceptible de rétablir la confiance du public dans les banques. »
À suivre ce raisonnement la confiance serait rétablie. Cette phrase nous explique au contraire, qu’un simple trader peut faire sur la longue durée des profits tout a fait anormaux et prendre une position gigantesque de 50 milliards d’euros sans que la hiérarchie n'en soit informée, ni même ne le soupçonne.

Comment le public pourrait-il continuer à faire confiance à une telle banque, dont la hiérarchie est aussi aveugle, et le système de sécurité aussi perméable ?
À supposer que les propos du procureur général soient exacts, ils ne rétabliraient en rien la confiance du public dans la banque.

Belkine

lundi 21 juin 2010

Y a t il un Président pour piloter le car des Bleus ?

Belkine doit-il aussi s’emparer de la question pourtant hautement médiatique des mésaventures des Bleus en Afrique du Sud ?




Peut-être, mais pour relever la transparence totale du Président d’une fédération qui a reçu délégation du Service public pour organiser le football en France et notamment l’équipe nationale.

Le Président était bien présent lors de la « rébellion » des Bleus au moment de leur seule séance d’entraînement publique et l’on ne peut se défendre de l’impression que ce caractère public de la séance n’avait été accordé que pour permettre le show médiatique des joueurs. Ils ont même réussi à faire lire par leur entraîneur-sélectionneur un papier où ils mettent directement en cause la Fédération et cela avec l’aval du Président à qui, quelques minutes auparavant, le papier de protestation sur l’exclusion d’un joueur avait été remis.

Y a t’il un Président pour piloter le car des Bleus ? Ou suffit-il d’une faconde méridionale et de ne rien faire pour être le Président de la plus puissante fédération sportive de France.


Belkine

vendredi 18 juin 2010

Zones constructibles et destruction de maisons.

Il semble bien que les maisons situés sur les lotissement inondés de façon catastrophique lors de la tempêtes Xynthia aient été construites en conformités avec les prescriptions d'urbanisme. Dès lors, ce serait la responsabilité des autorités, qui ont édicté ces prescriptions et autorisé ces constructions, qui doit être recherché, sauf à faire valoir un réel cas de force majeur(imprévisible, irrésistible, extérieur).

La décision prise un moment, de détruire un très grand nombre de ces maisons, semblait plus répondre à un réflexe médiatique et activiste qu'à une analyse mûrement réfléchie.
Après l'avoir pourtant affirmé brutalement et sans nuance, le gouvernement semble revenir en partie sur ces décisions.

Une question se pose:
Les digues peuvent elles, dans des conditions raisonnables, être correctement entretenues?
Si non, pourquoi l'administration a-t-elle accordé les autorisations de constructions?
Si oui, pourquoi n'a-t-elle pas entretenu les digues?

Belkine

mercredi 2 juin 2010

Qu’allait-il faire dans cette galère ?


Le gouvernement Turque a porté une caution particulièrement marquée au convoi maritime d’aide humanitaire qui se dirigeait vers la bande de gaza et qui a été brutalement arraisonné par l’armée Israélienne.

A côté du devoir d’aide humanitaire et des bavures de l’interception, il faut s’interroger sur la caution du gouvernement turque qui visait peut-être à rompre avec l’orientation traditionnellement très modérée de la Turquie sur ces questions délicates du Proche-Orient.

Si c’était le cas, le gouvernement turc aurait a priori bien joué, mais il est permis de s’interroger sur l’attitude qu’auront les militaires turcs à terme, eux qui se voient comme les dépositaires de l’héritage d’un état laïc venant de Kemal Ataturk et que les problèmes stratégiques de la Turquie ne sont pas ceux d’Israël et de la Palestine.


Belkine 

dimanche 16 mai 2010

Ont-ils lu Belkine?

Belkine est heureux et, sans fausse modestie, un peu fier, de vous signaler qu’il avait indiqué sur son blog les fondamentaux socio-économiques très différent de la France et de l’Allemagne et d’une façon plus générale entre les pays du nord de l’Europe et les pays du sud, et que c’est là que résidait le point faible de l’euro qui pour le moment ne paraît pas pouvoir être dépassé.
Sans doute les « grands papes » de l’animation des débats médiatiques ont-ils lu Belkine parce que, depuis ce moment, il n’y a pas de jour où ils n’appellent à leur tribune quelqu'un qui soutient aussi cette thèse. Il existait donc des gens qui pensaient ainsi, mais ils n’avaient pas voix au micro, aux débats, à la télévision . Aujourd’hui ils peuvent avancer leurs arguments qui le plus souvent ne sont pas, tout bien considéré, anti-européen.



Belkine

samedi 8 mai 2010

Les raisons de l’interdiction de la burqa avancées par le futur projet de loi.

Il s ‘agit a priori d’une atteinte à la liberté, il convient de la justifier précisément. Le gouvernement aurait pu invoquer les questions de sécurité ou de mode de vie en France.
La justification par raison de sécurité ne semble pas avoir besoin de longues explications.

La France a par ailleurs déjà pris des décisions réduisant la liberté de ses citoyens quand la liberté entrait  en contradiction avec les principes et l’histoire de la France. C’est le cas avec l’interdiction de la polygamie. Le Conseil constitutionnel a décidé le 13 Août 1993 "qu’une vie familiale normale, telle qu’elle prévaut en France, exclut la polygamie".

Le gouvernement a a priori choisi d’invoquer la défense de la dignité de la femme. Pour quelles raisons ?

L’interdiction de la burqa semble devoir flatter une clientèle électorale plutôt hostile à l’ouverture des frontières et à l’immigration. La justification par la sauvegarde de la dignité de la femme intéresse toutes les catégories de populations, mais en particulier les associations dites « féministes » qui sont plutôt apparentées à la gauche politique.

En caricaturant peut être un peu, il s’agirait d’une mesure plutôt agréable à la "droite", justifiée par des arguments plutôt agréable à la "gauche".

La question est ainsi posée de savoir si l’interdiction est une mesure à simple portée électoraliste ou une mesure d’abord destinée à régler la vie des habitants de la France.


Belkine

vendredi 7 mai 2010

Nécessité de découpler la force de la monnaie et la force de l’économie réelle.

La très grande majorité des commentateurs européens considère comme un début de catastrophe le fait que l’euro se soit déprécié par rapport au dollar. Regardons-y de plus près.

L’euro qui valait 1$45 en début d’année ne vaut plus que 1$28 aujourd’hui. Un américain pourra avec 1$28 aujourd’hui acheter une marchandise européenne valant un euro, il ne le pouvait pas en début d’année. Un Européen ne pourra plus acheter comme il le faisait en début d’année une marchandise américaine valant 1$45. Le commerce extérieur de l’Europe ne peut que s’en trouver raffermit et, de ce point de vue, la perte de valeur de l’euro par rapport au dollar est tout à fait bénéfique.
Certaines considérations peuvent toutefois tempérer ce premier constat, par exemple la considération que les entreprises européennes sont plus faciles à acheter pour les fonds de pension américain. Cette considération ne paraît toutefois pas de nature à emporter la conviction tant il apparaît que l’euro est depuis longtemps surévaluer par rapport au dollar.

Les inquiétudes quant à la baisse de l’euro peuvent s’expliquer de trois façons :

-Une ignorance du mécanisme fondamental des échanges internationaux
-Voir la spéculation internationale attaquer l’euro, monnaie extrêmement forte, non pas seulement des pays comme l’Allemagne qui pour des raisons historiques ont une tradition socio-économique de monnaie forte. Mais aussi monnaie de pays qui comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, voir la France sont des pays de monnaies faciles ou la chute du cours de la monnaie était souvent la solution donnée à des contradictions internes, sociales ou économiques. La chute de la monnaie n’étant plus possible quand leur monnaie est devenue l’euro, les contradictions doivent trouver les solutions ailleurs et par exemple, dans le cas de la Grèce, dans un déficit des finances publiques incontrôlé. La crainte est alors que la spéculation n’attaque une construction monétaire plaquée sur des types de fonctionnement sociaux et économiques extrêmement différents.
-Qu’une pratique continue de monnaie fondante et facile n’entraîne une dissolution des liens sociaux comme dans l’Allemagne de l’après 1ere guerre mondiale ou certains observateurs voient dans l’hyper-inflation un des éléments qui ont permis l’avènement du nazisme.

La réflexion sur l’euro doit prendre en considération ces éléments sous peine de voir se creuser le fossé entre une construction monétaire rigide et sans articulations et la réalité économique très contrastée des pays qui composent l’Europe monétaire d’aujourd’hui.
Plus précisément l’affaiblissement de la valeur de l’euro dans une situation de crise est de risque de spéculation, est un facteur qui permet de mieux résister à cette spéculation et à cette crise.


Belkine

jeudi 1 avril 2010

Le tribunal de Galilée appelé à la rescousse


Une pétition émanant de 4OO chercheurs en climatologie, adressée au ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse ainsi qu’aux présidences du CNRS et de l’Académie des sciences, demande à ces derniers de trancher un débat sur le réchauffement climatique qui les opposerait à Claude Allégre, l'ancien ministre.

Les scientifiques demandent aux politiques de trancher un débat scientifique alors que ce débat ne porte pas atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux.

La pétition réclame aussi, si on la lie bien que les articles ne puissent  être publiés  « sans être relus par les pairs ». La traduction, c’est qu’il faudrait un comité de censure des pairs pour valider tout article visée plus ou moins scientifique. Au demeurant le débat contradictoire est bien là qu’il soit scientifique ou non. C’est ce débat qu’il faut préserver sans que des autorités institutionnelles ou politiques ne le tranchent.

C’est dans les pays totalitaires que les politiques sont appelés à trancher les débats scientifiques. La pétition me paraît moins un appel à trancher ce débat qu’une sorte d’appel à un état totalitaire du consensus généralisé.


Belkine

Loïc Sécher/Refus de la Justice de reconnaitre ses erreurs

Loïc Sécher accusé d’avoir violé une adolescente de 13 ans en Loire-Atlantique a été condamné à 16 ans de prison. Alors qu’il en a déjà effectué 9, la Cour de révision devrait prochainement annuler sa peine après que la jeune « victime » a écrit une lettre au parquet de Rennes dans laquelle elle innocentait le condamné.

Le consensus pour la condamnation paraissait irréfutable. Ce qui est plus étonnant c’est qu’aux yeux de la Cour ce consensus reste valable même lorsque tout s’effondre.
Voici une condamnation qui repose sur une base qui montre aujourd’hui sa fragilité mais nos juridictions ont toujours du mal à admettre qu’elles ont pu se tromper comme le démontrent les déclarations de l’avocat général et surtout celles de la Cour.

L’avocat général a formulé la requête de révision « non pas parce (qu’il est) convaincu de l’innocence, mais parcequ’on n’a pas fait la démonstration de sa culpabilité »

La Cour quant à elle reconnaît que les rétractions de la jeune fille constituaient un « élément nouveau », mais il subsistait néanmoins de nombreux éléments à charges : Les confidences de la jeune fille à ses professeurs, son journal intime, son changement d’attitude à l’époque des faits ou encore la crédibilité accordée par les experts à ces déclarations.

Quant à l’argument qui consiste à dire que l’accusé n’a pas démontré qu’il ne l'a pas violée, la réponse est premièrement : qui pourra démontrer qu’il n’a pas violé une femme de son entourage ou même une femme croisé un jour par hasard?  Pas moi, ni vous, ni même l’avocat général ! Deuxièmement il y a là un véritable renversement de la charge de la preuve : il ne s’agit plus de démontrer que l’accusé est coupable mais c’est à l’accusé de montrer qu’il est innocent.

Belkine


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vendredi 26 mars 2010

Comprendre la crise économique

1)L’intrication de la banque et de la finance
2)La crise actuelle : de l’économie réelle vers l’économie financière
3)Les risques d’approfondissement de la crise.
4)L’actualité de Keynes

Après le recul de l’économie de 2 001, le système bancaire américain était surtout préoccupé de favoriser l’activité avec des taux d’intérêt relativement faibles et des liquidités relativement abondantes.

mardi 9 mars 2010

Les sorcières de Salem



Le 25 février 2010 l’Assemblée Nationale a approuvé la proposition de loi, de lutte contre les violences faites aux femmes, déposée par deux députés PS et UMP.
C’est en tout cas sous cette appellation qu’elle a été présentée dans les médias, qui comme tout l’éventail de la classe politique, ont unanimement salué l’avancé que représente ce texte.
S’il était peut-être nécessaire de légiférer pour mieux assurer la protection des femmes, l’application de cette loi ne devrait pourtant pas oublier les points constitutionnels qui fondent notre liberté.

Quand on regarde de plus près le texte débattu et approuvé, on s’aperçoit que, dans sa rédaction, l’homme n’est pas forcément l’auteur des violences, et la femme n’est pas forcément la victime.
Pourquoi un tel décalage entre la rédaction du projet et les consignes d’application qui ne viseraient que les hommes violents ?
Parce que en vertu de l’article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (qui a valeur constitutionnelle) la loi « doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse ». Une loi ne prévoyant des sanctions que contre des citoyens d’un sexe particulier serait invalidée par le Conseil Constitutionnel.
Il est regrettable d’écrire ce texte afin de passer le filtre juridictionnel tout en prévoyant de lui donner un autre sens lorsque le contrôle sera effectué.

Il y a un deuxième problème. Tout le monde connaît la présomption d’innocence qui fait que toute personne est considérée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été prononcée par un juge. Inversement seul un jugement peut permettre de qualifier tel individu de victime. Or le texte prévoit la possibilité d’attribuer le statut de victime sans même qu’une plainte ait été déposée ! C’est-à-dire en se basant uniquement sur les dires de la victime présumée. On voit toutes les dérives que peut entraîner ce changement de considération.

Un Troisième point pose problème, c’est l’inclusion d’un délit de violence psychologique qui pourra, dixit Nadine Morano la secrétaire d’état chargée de la Famille et de la solidarité, être montré par des certificats médicaux.
Quelle est l’objectivité de ce genre de certificat ? Un médecin généraliste constate des blessures objectivement identifiables et se contente de les convertir en jours ITT afin d’en quantifier la gravité. Le psychiatre s’il est de bonne foi ne risque-t’il pas d’être dupé par un patient acteur? Comment éviter des certificats de complaisance ? Le prix d’une consultation chez un psychiatre est couramment de 60 ou 80 euros la demi-heure de consultation. Le patient -contrairement à une visite chez un généraliste - en paie une bonne partie. Un psychiatre ne serait ainsi t-il pas tenté de satisfaire à la demande de son patient de peur de le voir partir chez un confrère moins regardant?
Le projet de loi reste totalement silencieux sur ces questions.

Il faut, enfin, relever un quatrième point. Qu’en sera-t’il des dénonciations calomnieuses ? Il paraîtrait en effet judicieux, si on veut durcir le système répressif contre les violences, de durcir également les sanctions des dénonciations calomnieuses. Le texte prévoit au contraire dans l’article 8 une restriction des conditions d’action pour dénonciation calomnieuse car la crainte d’être poursuivi pour dénonciation calomnieuse freinerait les personnes victimes de violences dans la décision de porter plainte.

La constitution est contournée, les critères d’objectivité sont absents, la présomption d’innocence et les droits de la défense sont bafoués. Il me semble que plutôt qu’être une avancé, cette loi est une régression plus proche des chasses aux sorcières que d’un désir d’améliorer la justice.

Belkine

mardi 2 mars 2010

Xynthia/ Tempetes, imprévision et mobilisation.


La tempête Xynthia s’est abattue sur la France le week-end dernier. Deux départements comptent de nombreuses victimes : la Vendée et la Charente-Maritime.


Les préoccupations des politiques et des médias depuis concernent d’une part les questions matérielles et d’autre part l’accompagnement des familles des victimes traumatisées par la disparition de leurs proches :
Comment va-t’on régler l’assurance ? Où vont dormir les familles dont les habitations ont été sinistrées ? Quand est-ce que les foyers récupéreront l’électricité, internet et le téléphone ?


Ségolène Royal propose donc de mettre en place en urgence un plan « mobile-home » pour loger les sinistrés dans les plus brefs délais, Nicolas Sarkozy promet de débloquer rapidement 3 millions d’euros pour les victimes. Enfin chacun note la parution au JO de l’arrêté de reconnaissance de « catastrophe naturelle », comme si elle aurait pu faire problème.


On dénombre pour le moment 51 morts sur le territoire français. L’ensemble des autres pays européens compte 10 décès. Lors du passage d’une tempête, il est prévisible de s’attendre malheureusement à quelques morts : par exemple un arbre tombe sur une maison, un individu reçoit des tuiles de sa toiture, une voiture dérape. Mais 51 morts, c’est une catastrophe nationale.

Le premier point est le recueillement sur les victimes, il est permis de supposer qu’un pays comme la France, qui se mobilise pour une catastrophe d’encore plus grande ampleur à Haïti est capable de faire face et d’aider convenablement les sinistrés. Ce serait simplement les manques à cette aide qu’il conviendrait de signaler.

La deuxième question par rapport à une tempête qui certes a été forte mais qui semble moins intense que celle de 1999, avec une situation du niveau des marées qui n’étaient pas à leurs maximums possible, est comment un si grand nombre de morts est survenu? L’alerte rouge qui signalait sans doute aux gens de ne pas sortir de chez eux a eu pour conséquence de les voir bloqués dans leurs maisons.


Les zones étaient-elles constructibles ?


Il semble bien que ce n’est pas la tempête directement qui soit a l’origine des décès, mais l’inondation suite à la rupture des digues.


Belkine

dimanche 28 février 2010

Kadhafi et Jihad / l'économie gouverne t'elle seule les relations internationales?

La Suisse a voté par une large majorité au mois de novembre dernier l’interdiction de construction de minarets sur son territoire.


Chacun peut se faire une opinion sur ce vote et trouver que ce n’est pas de bonne démocratie d’interdire la construction d’édifices destinés à une religion reconnue. Il n’empêche que tous les moyens ne sont pas bons pour chercher à changer cette décision.
En particulier l’appel au « Jihad » lancé par le Colonel Président Kadhafi contre la Suisse et approuvant contre elle l’utilisation du terrorisme est à condamner résolument.

Alors même que les services secrets du Colonel Président apparaissent bien être les acteurs directs de l’attentat contre un avion de la compagnie française UTA transportant 154 personnes et ayant bien évidemment provoqué la mort de ces derniers :

-Que penser de la venue du colonel Kadhafi reçu avec tous les honneurs en France par le Président Sarkozy ?
-Que penser aussi de la déclaration du député Lefebvre au sortir de la réception de Kadhafi à l’Assemblée « Il a dit qu’il avait tourné la page de la lutte armée pour se tourner vers le dialogue» ?
-Enfin, que penser de la présentation faite par les medias du Colonel Président qui ne semblait plus qu'être un président un peu original surtout soucieux de l’avenir et de la sécurité de son peuple.

Il faut s’interroger sur la complaisance des pays occidentaux envers une telle personnalité qui n’hésite pas à appeler au jihad et au terrorisme « le jihad contre la suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère n’est pas du terrorisme » dans le contexte explosif actuel, alors même que son pays n’est engagé dans aucun conflit armé, ni menacé par qui que ce soit, et que tout au plus la famille du Président Kadhafi semble avoir eu des démêlés avec la justice suisse.

L’économie a ses contraintes. Mais l’économie ne rend pas compte de toutes les conduites humaines, il est possible de s’en apercevoir en regardant de près les origines et les parcours des terroristes connus qui sont rarement issus des couches les plus défavorisées d’une population donnée, mais très souvent de ses élites économiques ou intellectuelles.

Belkine

dimanche 14 février 2010

Pouvoir et irresponsablité


Ceux qui possèdent le pouvoir devraient être a priori responsables des incidents et accidents qui arrivent en raison des évènements qu'ils mettent en place.

Le lugeur géorgien Kumaritashvili a perdu la vie après avoir percuté un poteau métallique en sortant d’un virage à 140 Km/h.

En réaction Didier Gailhaguet, Président de la Fédération française des sports de glace, a d’abord déclaré que cet accident n’est en aucun cas dû à un problème de conception de la piste. Il s’agirait en fait d’une erreur de pilotage. Kumaritashvili aurait pris une mauvaise trajectoire. Il ajoute que les lugeurs pratiquent un sport à risques et qu’ils connaissent le risque. Il conclut fataliste : « que pouvons-nous y faire ? ».

Cela reviendrait-il à dire que, les règles de sécurités des sports à risques, dans leurs conceptions, ne doivent pas prendre en compte les erreurs possibles des participants ?

Les organisateurs ont quant à eux pris deux mesures :
-Surélever le mur du virage où a eu lieu l’accident
-Avancer le point de départ des lugeurs afin de diminuer leur vitesse
Ces deux modifications semblent justement être l’aveu d’un problème de conception d’ensemble de la piste.

Il est regrettable de constater que même des accidents mortels n’empêchent pas les organisateurs des grandes fêtes mediatico-sportives de rejeter a priori toute implication dans leurs survenances et d’en attribuer l’entière responsabilité aux acteurs sportifs.

Il faut que la fête mediatico-sportive, comme la CAN en Angola, continue sans que la responsabilité des organisateurs puisse être engagée.

Belkine

vendredi 12 février 2010

Juge d'instruction et indépendance de la justice.


Actuellement les juges d’instructions sont nommés par le Conseil supérieur de la magistrature alors que les procureurs sont nommés par décrets du pouvoir exécutif. Ce mode de nomination garantit l’indépendance de l’instruction de la justice.

Le projet propose de substituer le parquet au juge d’instruction. Le pouvoir d’enquête serait donné aux seuls procureurs. Procureurs qui resteraient sous l’autorité du Garde des Sceaux.

Le procureur héritera des missions de l’ancien juge d’instruction. Le nouveau juge de l’instruction contrôlerait seulement le bon déroulement de l’enquête. Les procureurs étant placés sous l’autorité du garde des sceaux, cette réforme reviendrait à offrir au pouvoir exécutif l’instruction de la justice.

Le juge d’instruction est certes faillible, il faut toutefois distinguer dans les erreurs qu’il a pu commettre, celles qui étaient plus imputables à un courant de pensée qui entraînait l’ensemble de la société, juges, hiérarchie judiciaire, administration sociale, médias, opinion publique, de celles plus imputables à la seule personnalité d’un juge d’instruction donné sujet à un aveuglement personnel ou à un désir de notoriété.

Je crois qu’il faut défendre, dans un pays comme le nôtre très centralisé, l’idée que l’instruction doit rester l’apanage de personnes indépendantes du pouvoir exécutif.

Belkine



lundi 1 février 2010

L’euthanasie : droit de mourir, droit de faire mourir.


Le suicide n’est plus considéré par notre droit positif comme un crime ou un délit. En revanche, une aide apportée au candidat au suicide, a fortiori si elle est apportée par une personne soignante l’est.


Le débat peut ainsi s’articuler en deux volets.


-Le droit pour ceux qui le souhaite de mettre fin à leurs jours qui n’est plus contesté que par les personnes religieuses qui avancent par exemple que la maladie, la souffrance est une épreuve qu’il faut supporter car elle permettra peut-être le retour sur soi et la rédemption.


-Le deuxième volet c’est l’assistance au suicidé, voir le fait de procéder soit même à l’euthanasie. Le débat est en général posé dans ces termes : a-t-on le droit de laisser souffrir quelqu’un alors que sa fin est proche et de ne pas abréger ses souffrances ?


À la question ainsi formulée, la majorité des personnes aura tendance à répondre qu’il devrait être permis d’abréger ses souffrances.


Un aspect de ce deuxième volet est toutefois le plus souvent passé sous silence : qui est ce « on » qui aura le droit d’abréger les souffrances? L’entourage du malade, le personnel soignant, les deux, une commission ou un juge ? Il me semble que les plus grandes inquiétudes peuvent naître et que des dérapages seront inévitables même si le législateur prévoit des « commissions » qui ne pourront d’ailleurs en général se prononcer que sur la base des témoignages des soignants et des parents.


Le cas échéant, un souhait exprimé par la personne souffrante dans un moment de désespoir pourra sembler autoriser l’euthanasie. La plupart de ceux qui ont eu a accompagné des personnes souffrantes en fin de vie ont eu à connaître ces moments de désespoir qui ne reflétaient pas forcément le souhait du malade dans la durée.


Le problème n’est donc pas seulement un problème d’éthique, de droit à la vie ou à la mort, c’est aussi un problème pratique, dont la solution n’est pas du tout évidente.


Les cas d’euthanasies mis en exergue aujourd’hui sont des cas exemplaires qui ont peu de chance de refléter l’ordinaire des situations d’euthanasie de demain si la législation était modifiée.


J’estime que si une législation offrant une possibilité d’euthanasie était adoptée il devrait être clair qu’elle devrait être une possibilité d’exception et que l’acte de donner la mort ou d’aider quelqu’un à se donner la mort devrait toujours être susceptible d’une enquête rigoureuse.


Belkine

samedi 30 janvier 2010

Industrie française et Union Européenne.


La commission européenne a exigé des explications de l’état français sur les pressions qu’il aurait exercé pour éviter la délocalisation en Turquie d’une nouvelle partie de la production Renault.
La première remarque est que la délocalisation, même hors de l’UE, ne pose aucun problème à la commission européenne qui ne s’inquiète pas de savoir si la Turquie ne bénéficierait pas ainsi de tout le savoir faire accumulé par une entreprise, française et européenne, depuis des années.

La deuxième remarque est que la défense de l’industrie française est de plus en plus difficile. Elle est soumise à un dumping social permanent de la part des pays à bas salaires, dumping aggravé par des taux de changes durablement surévalués. Les protections, quant à elles, sont d’autant plus faibles qu’elles doivent faire l’objet d’un consensus interne a l’UE et d’une approbation par des instances internationales.

Belkine

mardi 19 janvier 2010

Port de signe religieux, sécurité et liberté.

J'aurais voulu tenter de clarifier un peu les conditions dans lesquelles pourrait intervenir une éventuelle interdiction ou restriction au port du voile dit intégral.
Il faudrait distinguer le port du voile ostentatoire, et à fortiori le port du voile intégral, dans un cercle privé, dans un lieu public et au sein du fonctionnement d’une institution.
La France a proscrit le port des signes religieux ostentatoires au sein du fonctionnement de nombreuses institutions (école, collège lycée, guichets administratifs, photographies pour les cartes d’identités), parfois à la suite de conflit douloureux. Le caractère laïc de la république est un acquis qu’il ne faudrait pas compromettre.
Personne ne s’offusque du port d’un signe religieux ostentatoire, mais non intégrale, dans un lieu de passage public ou dans un cercle privé.
Cela pose toutefois le problème de pouvoir s’assurer que le port de ce signe religieux est bien un acte libre, effectué sans contrainte de la part de la personne qui le porte.
Autre chose est le port d’un voile dit intégrale qui pose en outre le problème de la sécurité dans toutes les enceintes publiques, même si les personnes n’y sont que de passages.



Belkine

samedi 16 janvier 2010

Martinique, Guyane et projet national.

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Le projet gouvernemental de donner à chacune des deux assemblées martiniquaise et guyanaise la possibilité de déroger à l’application de la loi française sur leur territoire a échoué. Quelle attitude du gouvernement dans les questions nationales peut expliquer la genèse de ce projet. Le Gouvernement propose, dans le même temps un débat national sur l’identité nationale.
Sauf à tomber plus ou moins rapidement dans une certaine forme de racisme, il est permis de penser qu’il n’y a pas d’identité nationale mais que s’il y a une Nation, il y a un projet national. Celui que les nationaux d’un pays veulent vivre ensemble. La question est d’abord de savoir si les Guyanais, les Martiniquais et les Métropolitains veulent vivre un projet commun dans l’avenir, malgré l’éloignement géographique et les différences, ou s’ils ne le veulent pas.
La question est ensuite de demander au Gouvernement s’il souhaite vraiment que les Guyanais, les Martiniquais et les Métropolitains partagent ce projet commun.
Si oui, s’il y a un projet commun il faut bien sur regarder les spécificités d’applications de ce projet. Autre chose est de ruiner sa possibilité en mettant en avant les spécificités. Échapper de façon systématique, comme le proposait pour la Martinique et la Guyane le referendum, à la loi française peut être considéré comme allant bien au-delà d’une adaptation spécifique.


Belkine

Un prix Nobel pour de bonnes intentions?

Barrack Obama, président américain depuis le 20 Janvier 2009 a reçu après à peine neuf mois de présidence, le prix Nobel la paix le 9 octobre 2009.

Deux raisons, semble-t-il, ont motivées ce choix.
La première est les « efforts extraordinaires » qu’il aurait conduit « en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples” ”(Comité Nobel Norvégien).
La deuxième est la vision et les efforts consentis par Obama en vue d’un monde sans armes nucléaires.

Regardons de plus près ces deux raisons:

La première : la coopération entre les peuples.

Le soutien d’Obama à l’entrée de la Turquie dans l’UE n’est pas un message de coopération pacifique et amicale, il témoigne de la volonté de continuer la politique de ralliement des pays européens à l’ancien bloc atlantique. La Turquie est un partenaire de coopération militaire privilégié des Etats-Unis. C’est un pion fort des américains sur le continent européen et peut être bientôt un pion fort américain au sein de l’union européenne. Comme les E-U l’ont déjà fait avec la Pologne, la Bulgarie ou la République Tchèque. Le but de cette politique est avant tout d’isoler la Russie, seul pays capable de concurrencer l'hégémonie américaine à terme rapproché.
Un exemple de plus : Obama, comme ses prédécesseurs, soutient l’indépendance du Kosovo. Indépendance autoproclamée, en ne tenant aucun compte de la souveraineté territoriale de la Serbie pourtant reconnue en tant que membre de l’ONU.
En revanche Obama cède à la Chine et ignore la nation Tibétaine : « Les Etats-unis respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine ».
Obama, par ailleurs, reste toujours enlisé en Afghanistan et en Irak, Israël brouillé avec la Palestine.

La deuxième raison : un monde sans armes nucléaires.

Obama lutte pour que la Corée du Nord et l’Iran ne possèdent pas l’arme nucléaire. Il s’agit simplement de maintenir une suprématie. Posséder la bombe confère un moyen de pression considérable sur ceux qui ne l’ont pas. C’est aussi, il est vrai, paradoxalement un gage de sécurité : on n’entre pas en guerre contre un pays maîtrisant l’arme atomique.
Alors si Obama appelle l’attention sur le risque de develloppement nucléaire de la Corée du Nord et de l’Iran, tant mieux. Mais ne soyons pas dupes des raisons qui l’y engagent : ce sont des raisons de puissance.
Eviter la dissémination nucléaire au profit des seuls possesseurs actuels, ne participe pas de la vision d’un monde sans armes nucléaires.

L’annonce du prix décerné à Obama a eu lieu deux mois avant la remise du prix. Une polémique est née. Pour tenter de l’éteindre, Thorbjoern Jagland (Président du comité Nobel), expliqué le choix du comité comme étant un « appel à l’action ». Un appel à dépasser les paroles et à agir concrètement pour la paix. Cette explication, ne fait que discréditer le comité d’attribution du Nobel. Jagland a oublié les critères auxquels le comité doit se referer pour choisir un lauréat : avant tout récompenser  des actions exceptionnelles pour la paix.

Belkine

lundi 11 janvier 2010

Les Etats-Unis aident-ils à proscrire un Etat laïc en Irak ?


En Mars prochain auront lieu les élections législatives Irakiennes. L’AFP annonce le 8 janvier que quatorze hommes ou partis politiques ont reçu l’interdiction de se présenter par le Comité indépendant pour la Justice et l'Intégrité. Au motif qu’ils entretiendraient des liens avec le parti Baas, le parti auquel Saddam Hussein appartenait.

Rappelons ce qu’est-ce que le parti Baas : 

Il a été fondé au lendemain de la deuxième guerre mondiale par Michel Aflaq et Salah al-Din al-Bitar. L’un est chrétien, l’autre musulman. Le Baasisme essaime rapidement la Jordanie, l’Irak, la Libye ou encore la Syrie. L’objectif de ce parti est de regrouper les Etats arabes du Proche-Orient en une seule nation arabe. Alfaq pense notamment que cette unification, en raison des fortes divisions confessionnelles qui composent le monde arabe, ne peut reposer que sur un état laïc. La laïcité est donc un pilier de la doctrine baasiste. Le Baas a joué un rôle historique considérable au Proche-Orient.

Au vu de la large diffusion de cette doctrine et des multiples rameaux qui la composent, identifier le parti Baas à la personne de Saddam Hussein est une erreur. C’est pourtant ce que fait Falah Chanchal, Président de la Commission parlementaire pour la Justice et l'Intégrité et par ailleurs membre du parti du chef radical chiite Moqtada Sadr, en énonçant : « Ces déclarations font la propagande du parti Baas de Saddam Hussein alors que la Constitution interdit de voter pour le Baas ». Les sunnites qui constituaient le plus grand nombre d’adhérents du Baas avaient voté contre cette constitution.

Comme on le voit l’heure n’est pas à l’apaisement des tensions confessionnelles ni à l’instauration d’une démocratie authentique.

Belkine.